Ce projet de résolution réitère le soutien des Nations Unies au processus de négociations, appelant de nouveau "toutes les parties et les Etats de la région à coopérer pleinement avec le Secrétaire général et son Envoyé personnel, et les uns avec les autres".
En vertu de ce projet de résolution, les Etats membres prennent "note des efforts consentis et des développements depuis 2006", en référence, une nouvelle fois, à la dynamique enclenchée par l'initiative marocaine d'une autonomie pour la région du Sahara en vue de mettre fin à ce différend régional.
L'implication directe de l'Algérie dans ce différend a, encore une fois, été démontrée de manière flagrante.
En effet, le projet initial a été rédigé par la partie algérienne, qui s'est ensuite activée dans les couloirs de l'ONU pour y associer des co-auteurs. En dépit de ces tentatives de l'Algérie de manipuler la Commission, l'objectivité et le bon sens ont prévalu, notent les observateurs. De fait, face à la situation dans la région qui mobilise aujourd'hui la communauté internationale, de nombreuses voix ont tiré la sonnette d'alarme : il ne s'agit plus de suivre l'Algérie dans ses visées hégémonistes, dissimulées derrière "le noble principe de l'autodétermination", mais d'être pragmatique et de se mobiliser devant une réalité qui inquiète, celle de la menace terroriste qui guette la zone sahélo-saharienne, notent des analystes.
Le discours algérien n'a pas été porteur de renouveau car n'épousant pas la réalité du terrain, font observer ces mêmes analystes qui relèvent le "ton virulent des pétitionnaires algériens qui ont fait preuve d'un acharnement et d'un zèle inégalés" dignes des années 1960 lorsque l'Algérie luttait, alors, avec l'aide du Maroc, pour recouvrer son indépendance.
Non assouvie par le plaidoyer des pétitionnaires qu'elle a rameutés des quatre coins du monde pour faire l'apologie du séparatisme, l'Algérie a eu recours en désespoir de cause à ses propres nationaux formatés pour réciter les thèses caduques des sécuritaires algériens.
Cependant, dans la majorité des interventions aussi bien des représentants des Etats membres, pour la plupart des délégués africains, que des pétitionnaires, transparaissait la crainte devant la recrudescence des actes terroristes et les menaces avérées d'instabilité dans la région du Sahel et au-delà. Tous ont affiché une préférence manifeste pour l'initiative marocaine en tant que "réponse sage et concrète" aux menaces réelles.
Le Sénégal, la République de Guinée, le Gabon, les Comores, le Burkina Faso, tout comme le Bénin et la RDC ont tous mis en garde contre le statu quo, notamment au regard des risques d'instabilité et d'insécurité qui pèsent sur les Etats africains au nord et au sud du Sahara.
"Il est impératif de décourager toutes formes de séparatisme ou de désintégration du tissu social de cette région du Maghreb, un mal qui menace, hélas, ici et là, la stabilité de différentes régions du monde", a averti le représentant du Sénégal auprès de l'ONU, l'ambassadeur Paul Badji.
Un espace fortement vulnérable qui risque de devenir "un Sahélistan aux portes du Maghreb", a prédit devant la Commission l'ancien représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, Erik Jensen, pour qui une région dont le tiers de la population a moins de 15 ans et qui, si elle est "désabusée et frustrée, peut constituer un terreau fertile pour les extrémistes".
Le "désert, avec une faible densité et des frontières poreuses et incontrôlables, offre une large étendue pour tout genre d'action" et la menace terroriste perçue par les Etats-Unis et l'Europe est +bien sérieuse+", souligne ce fin connaisseur du dossier pour avoir exercé dans la région de 1993 à 1998.
D'aucuns se sont interrogés sur l'instrumentalisation par l'Algérie, du Polisario qui constitue un danger pour la stabilité régionale, et dont la direction n'a aucune légitimité populaire, si ce n'est, peut-être, un mouvement accommodant et facilement manipulable? Et la majorité des pétitionnaires d'inviter la partie algérienne à libérer leurs frères dans les camps de Tindouf, nombreux, à être favorables à cette initiative et qui aspirent, tout comme leurs compatriotes dans les provinces du sud, à jouir pleinement de "tous leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels".