Dans un discours historique prononcé pour l'occasion, le regretté Souverain avait indiqué: «Le droit a prévalu sur l'injustice et la Cour internationale de justice de la Haye a reconnu que le Sahara n'a jamais été une terre sans maître et confirmé qu'entre le Sahara et le Royaume du Maroc il existait, en effet, des liens juridiques et d'allégeance». Feu S.M Hassan II avait également ajouté: «Le monde entier a reconnu que le Sahara était le nôtre depuis très longtemps, le monde entier a reconnu qu'il existait des liens entre le Maroc et le Sahara qui n'ont été altérés que par le colonisateur. Il ne nous reste donc qu'à entreprendre une marche pacifique du Nord au Sud pour nous rendre au Sahara et renouer avec nos frères».
Pas moins de 350.000 volontaires, dont 10% de femmes, ont répondu à l'appel Royal de rejoindre et de récupérer nos provinces du Sud.
Les marcheurs portaient le Coran comme gage de paix pour montrer que le Maroc ne partait pas pour une quelconque conquête. 500.000 exemplaires du Livre Saint ont été imprimés et distribués à l'occasion. Sur le plan logistique, 12.000 camions et autocars ainsi que 113 trains ont été mobilisés pour transporter les volontaires de leurs régions d'origine vers Marrakech.
De là à Tarfaya, le transport s'est effectué par camions et autocars. Il y avait des volontaires de l'Arabie Saoudite, de l'Irak, du Qatar, du Koweït, de la Jordanie, du Liban, du Soudan, du Sultanat d'Oman et du Gabon. D'autres sont venus même des Etats-Unis pour représenter une organisation non gouvernementale. Ils étaient contre le colonialisme et soutenaient la libération du Sahara. Chacun hissait le drapeau de son pays. L'homme semble oublier qu'il peut, par une simple marche pacifique, aboutir à plus de résultats que n'en obtiendrait une entreprise militaire, avait affirmé Feu S.M. Hassan II, à la veille du lancement de la Marche Verte, le 6 novembre 1975. Un événement qui allait donner une nouvelle impulsion à la dynamique de l'histoire du Royaume. Trente- cinq ans après cette grande épopée, le Maroc est bien chez lui dans ses provinces du Sud, appuyé en cela sur un droit historique, une identité marocaine et des liens remontant à plus de 12 siècles.
Trente-cinq ans après, S.M. le Roi Mohammed VI a prononcé un discours, le vendredi 8 octobre, à l'ouverture de la première session de la 4e année législative de la 8e législature du Parlement, réaffirmant que le Sahara reste la cause sacrée de notre pays et exige une mobilisation de tous pour faire échec aux manœuvres désespérées des adversaires de notre intégrité territoriale. «Sur le plan stratégique, la défense de la marocanité de notre Sahara, qui reste la cause sacrée de notre pays, exige que vous vous mobilisiez ensemble, avec l'efficacité et la constance requises, sur tous les fronts et au sein de toutes les instances locales, régionales et internationales pour faire échec aux manœuvres désespérées des adversaires de notre intégrité territoriale», a souligné le Souverain. S.M. le Roi a également appelé les parlementaires à «animer la mobilisation populaire générale et engager des initiatives constructives pour gagner un soutien accru en faveur de notre proposition audacieuse d'autonomie, et ce, dans le cadre d'une diplomatie parlementaire et partisane agissant en cohérence et en synergie avec l'action efficiente de la diplomatie gouvernementale».
En effet, l'approche marocaine a été jugée très positive par plusieurs capitales, qui toutes sont unanimes à affirmer que le projet d'autonomie des provinces du Sud du Maroc, proposé par le Royaume, est un espoir pour la paix dans la région, comme il est de nature à faire avancer le dossier du Sahara. Pendant ce temps, la diplomatie algérienne se heurte au retrait par plusieurs pays de leur reconnaissance de la fantomatique entité qui a élu domicile sur son propre sol. Ces pays et autres ONG ne cessent de dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles vivent les populations des camps de Tindouf et le traitement inhumain qui leur est infligé par les forces de sécurité du polisario. Ils expliquent que le polisario, en pleine crise et aux abois, constitue une menace pour la paix, la sécurité et la démocratie, non seulement au Maghreb mais également dans le reste du monde.