L’Algérie aborde les négociations sur l’accord d’association avec l’Union européenne en position de faiblesse, estiment des experts et des économistes interrogés par TSA.
Le prochain Conseil d’association est prévu le 15 juin à Bruxelles. L’accord sera certes renégocié mais il ne devrait pas y avoir de grands changements en faveur de l’Algérie, comme le laisse entendre le gouvernement algérien depuis quelques semaines, préviennent ces experts.
Pour eux, l’Algérie n’a pas les moyens de négocier d’égale à égale avec une puissance comme l’Europe. Les raisons, selon eux sont multiples : la structure de l’économie nationale entièrement dépendante des hydrocarbures et des importations, la compétence des négociateurs algériens – lors du dernier accord, l’Algérie avait notamment obtenu la possibilité d’exporter du whisky !- et l’absence d’un réseau de lobbying auprès de Bruxelles…
« Hormis les hydrocarbures, l’Algérie n’a rien de concret à mettre sur la table face à l’Europe. Le pays importe tout. Le tissu industriel n’a pas la capacité pour satisfaire la demande domestique et la dépendance alimentaire est presque totale », estime un économiste, spécialiste des marchés émergents. Selon lui, les hydrocarbures ne sont plus un argument en faveur de l’Algérie dans le contexte actuel. « L’Algérie exporte essentiellement du gaz vers l’Europe. Or, l’Europe est en crise et elle menace de réduire ses importations. Aujourd’hui, l’offre de gaz excède la demande. Il y a aussi la crainte d’un ralentissement économique en Chine qui pourrait impacter les économies européennes et avoir un effet sur les prix du gaz », explique-t-il.
Autre constat : l’Algérie n’a pas fait le travail de lobbying préalable à ce type de négociations. « Les négociations ne se passent pas autour de la table. Le vrai travail est fait avant, grâce à des réseaux de lobbying puissants et capables d’obtenir de véritables avantages », explique un spécialiste des relations internationales. Or, l’Algérie manque cruellement de lobbyistes. « C’est un aspect que les Algériens ignorent alors qu’il est d’une grande importance », ajoute-t-il.