samedi 13 mai 2017

Tollé au Maroc après l’investiture par le parti de Macron d’une candidate d’origine algérienne

La « République en Marche », parti du nouveau président français Emmanuel Macron, a investi pour les prochaines élections législatives françaises la candidate Leïla Aïchi, sénatrice d’origine algérienne, pour la 9e circonscription des Français de l’étranger (Afrique du Nord et de l’Ouest).


Cette investiture a provoqué un tollé au Maroc, Leïla Aïchi s’étant distinguée sur la question du Sahara occidental pour des positions jugées favorables au Front Polisario, rapportent plusieurs médias.

En 2013, Leïla Aïchi a en effet lancé « un colloque sur le Sahara occidental » à Paris, parrainé par le Sénat français, durant lequel elle avait publiquement dénoncé « l’alignement systématique de la France sur la politique marocaine du Sahara, et ce malgré les graves violations des droits de l’Homme constatées par les ONG humanitaires ». Elle s’était également « alarmée de l’indifférence internationale quant au sort réservé au peuple sahraoui », affirmant que « le Sahara occidental et ses habitants subissent l’occupation marocaine depuis près de quarante ans ».

« Aujourd’hui, les Sahraouis sont privés du droit d’administrer leur propre terre. Prenons garde que, par désespoir, l’extrémisme ne l’emporte si aucune solution légitime n’est trouvée, et que le Sahara ne se transforme en un nouveau nord Mali », indiquait par ailleurs Leïla Aïchi en janvier 2013.

« Nous […] sommes profondément choqués d’apprendre l’investiture de Madame Leila Aichi, sénatrice de Paris, sur la 9e circonscription des Français de l’étranger. Madame Aichi n’a eu de cesse d’entretenir des relations de connivence avec l’insignifiant groupe Polisario en vue de déstabiliser la relation séculaire qui unit la France et le Royaume du Maroc », a déclaré, dans un communiqué cité par LeDesk, le Cercle Eugène Delacroix, qui rassemble les élus français d’origine marocaine, en réaction à l’investiture de Leïla Aïchi, qualifiant son investiture de « faute morale ».

L’antenne marocaine de la « République en Marche ! » aurait également décidé de se désengager en se mettant « en stand-by », rapporte le HuffPost Maroc. « Nous ne ferons pas campagne pour le candidat de la 9e circonscription aux législatives », aurait confié l’un des membres à la même source, ajoutant que « les relations franco-marocaines se placent au-dessus de toute investiture ».

Les médias marocains ont également réagi à l’annonce de l’investiture de Leïla Aïchi. « Leila Aïchi est un relais diplomatique d’Alger et un soutien au Front Polisario », affirme Le360. Pour LeDesk, la sénatrice française est une « girouette en politique » est « est surtout connue pour son appui inconditionnel aux frontistes de Tindouf ».

Le camp de Leïla Aïchi a réagi à la polémique, et immédiatement réfuté l’étiquette « pro-polisario » collée à la candidate, rapporte le site marocain Telquel. « Elle a été co-responsable il y a quelques années d’un colloque où il y avait quelques Sahraouis. Elle est sénatrice française, et elle a une ligne égale avec tous les pays. C’est aussi ça la démocratie. Elle est extrêmement critique sur la politique des pays voisins du Maroc au Maghreb ou en Afrique et n’a jamais eu un mot contre le Maroc, ni contre son peuple, ni contre son roi », a déclaré un collaborateur de Leïla Aïchi, cité par la même source.

Le Maroc représente la plus grande partie des électeurs dans la 9e circonscription des Français de l’étranger, avec plus de 51 109 inscrits sur un total de 152 000, soit le tiers.

TSA