Ferhat Meheni à Maroc Hebdo : « l’avenir est à construire entre la Kabylie et le Maroc »

Le président du Gouvernement Provisoire de la Kabylie, Ferhat Mehenni, a accordé une interview à Maroc Hébdo. Il est revenu sur le combat de peuple Kabyle pour son indépendance et le parcours du MAK. Il souhaite aussi de voir les relations fraternelles entre le Maroc et la Kabylie se renforcer davantage.


« Le Maroc a ouvert la voie à la reconnaissance internationale du droit du peuple kabyle à disposer de lui-même. Nous l’en félicitons et lui exprimons la considération de la Kabylie qui souhaiterait renforcer ses relations fraternelles avec lui. L’avenir est à construire avec nos deux volontés », a précisé Meheni. A la question de savoir pourquoi le GPK n’a pas été élu par le peuple Kabyle, Ferhat a souligné qu’aucun gouvernement provisoire n’a été élu par le peuple dans le monde entier et à travers l’histoire.


« Il n’y a aucun gouvernement provisoire au monde qui ait été élu. On installe un gouvernement de cette nature lorsque les conditions politiques d’en élire un l’interdisent. C’est le cas actuellement de la Kabylie. Toutefois, l’élection du président de l’Anavad est une affaire interne aux militants du MAK dont il tire sa légitimité. Depuis 2010, j’ai été élu à deux reprises, en 2011 et en 2016, à l’unanimité de nos congressistes pour un mandat de 4 ans. Les marches populaires que nous organisons, depuis 2010 notamment celles de ce 20 avril 2016 en Kabylie, ont largement légitimé le MAK et l’Anavad, leurs dirigeants ainsi que leur demande d’un référendum d’autodétermination pour la Kabylie », expliqua le président du GPK.

Pour la question du passage de la revendication de l’autonomie de la Kabylie à celle de l’indépendance de ce pays, Ferhat est encore revenu sur le parcours du MAK qui a accompagné les revendications du peuple Kabyle. « La revendication d’une autonomie pour la Kabylie n’avait jamais été entendue par le pouvoir algérien même si elle était de nature à le consolider. En fait, il se complaisait dans le huis clos que cette option lui garantissait. Avec l’autodétermination, l’affaire devient internationale.

Nous avons besoin de témoins et de soutiens au sein de la communauté internationale pour faire aboutir un droit légitime, reconnu par tous les pactes entre Etats, le droit d’un peuple à disposer de lui-même. La Kabylie est ainsi passée d’une revendication d’un statut de large autonomie à celle de l’autodétermination, entérinée par le deuxième congrès du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) le 9 décembre 2011 et réaffirmé par le troisième congrès qui vient de se tenir le 26 février 2016 », a répondu Ferhat Mehenni. Très sollicité par la presse internationale, le président du GPK fait toujours de son mieux pour répandre et expliquer la cause Kabyle dans le monde entier. Lounès B