La question du Sahara occidental qui empoisonne la situation maghrébine et africaine depuis une trente cinq années, apparaît aujourd’hui comme l’un des ultimes avatars d’un contexte international qui fait désormais partie du passé. Le Maroc est un des pays les plus vieux Etats-nations du monde. Sa situation au carrefour stratégique de la nation arabe, de l’Afrique et de l’Europe lui a toujours valu d’être convoité par les puissances.
Malgré cela, depuis le VIIème siècle, il a su maintenir son unité de la Méditerranée jusqu’au Sahara, et préserver son identité. Cependant, à la fin du XIX° siècle, commence la période coloniale.
Le Maroc est assailli de toute part. En 1912, le protectorat français est établi sur la plus grande partie du territoire. Ce protectorat est suivi d’un protectorat espagnol dans l’extrême nord et l’extrême sud, que l’on a pu analyser comme une sorte de sous-location consentie à Madrid par Paris. C’est ainsi qu’une partie du pays a été séparée administrativement de l’autre, malgré les protestations du Sultan.
Après l’indépendance intervenue en 1956, S.M. Mohammed V réaffirme aussitôt les droits du Maroc à se réunifier de Tanger à Lagouira. Mais, pour le malheur du Maroc, la décolonisation effectuée par la France ne fut pas conduite de pair par l’Espagne, qui après avoir libéré le nord conserva le Sahara occidental (Rio de Oro), Tarfaya et Sidi Ifni. Une fois encore, des réserves expresses furent formulées par le gouvernement marocain quant à l’intégrité territoriale du pays demeurée inachevée.
L’Espagne libérera Tarfaya puis Sidi Ifni mais s’accrochera au Sahara occidental. S.M. le Roi Hassan II, qui a vainement tenté de faire entendre raison au général Franco, décidera alors de porter l’affaire devant les Nations unies
Le 16 décembre 1965, l’Assemblée générale de l’ONU vote une résolution demandant à l’Espagne, puissance administrative, d’arrêter les modalités de la décolonisation du Sahara en consultation avec le Maroc et la Mauritanie, mais l’Espagne continue à tergiverser et tente même, avec l’aide du régime algérien de l’époque, de lancer l’idée nouvelle d’une entité distincte du Maroc, c’est à dire de favoriser la sécession du Sahara dans le cadre artificiel qui, bien entendu, constituerait un satellite de la puissance coloniale.
En 1969, le traité algéro-marocain d’Ifrane met fin à cette première manœuvre et permet d’envisager un règlement pour le Sahara. L’Algérie, comme la Mauritanie, apporte alors son soutien à la revendication marocaine visant à réunir le Sahara au reste du Maroc.
Peu de temps après, le régime algérien opère un revirement de fait, il commence à s’opposer à la décolonisation du Sahara et au retour au Maroc de ce dernier, en recourant à une véritable manipulation.
Il convient de rappeler qu’au début des années 70, le régime algérien de Houari Boumediene a noué des relations de plus en plus étroites avec l’Union soviétique et l’ensemble des pays communistes. Le bloc de l’Est cherche alors encore à bouleverser l’échiquier politique international et à prendre des gages en Afrique . L’Algérie constitue l’un des piliers de cette politique hégémonique.
En octobre 1971, Boumediene et Kossyguine concluent un accord qui fait du FLN, le parti unique algérien, un “parti frère” du parti communiste d’Union soviétique.A cette occasion, les deux pays mettent au point une stratégie commune concernant l’Afrique et le Maghreb visant notamment à déstabiliser le Maroc dont l’importance géopolitique et la position de trait d’union entre le nord et le sud n’ont pas besoin d’être soulignées.
En 1973, Alger passe avec Madrid un accord secret sur le Sahara occidental. Cet accord prévoit d’organiser un référendum portant sur l’autonomie du territoire et la création d’une entité politique distincte du Maroc. De fait, pour les dirigeants algériens et espagnols, il s’agit surtout d’éviter la réunification du Sahara au Maroc et de s’entendre, au contraire, pour exercer une sorte de double protectorat. Cet accord est dénoncé par le Morehob qui est alors la seule organisation sahraouie plaidant pour le départ des occupants espagnols et le rattachement de la province au Maroc.
C’est dans ces conditions que le régime algérien favorise l’émergence d’un nouveau mouvement tout à sa dévotion, le “ polisario ”.
Lancé par quelques Marocains d’opposition, le polisario bénéficie aussitôt d’un appui massif de l’Algérie sur le plan financier, diplomatique et matériel. Conçu comme une machine de guerre contre le Maroc, ce groupe trouve également des soutiens auprès de tous ceux qui militent, dans le monde, pour l’idéologie révolutionnaire et marxiste.
C’est ainsi que des médias occidentaux vont lui accorder une large publicité et lui permettre de faire son entrée sur la scène internationale alors même qu’il ne représente en aucune façon les habitants du Sahara.
L’avis de la Cour internationale
Pour sa part, le Maroc qui avait soumis la question du Sahara au comité des Comité des Nations unies sur les territoires non autonomes dès 1957, a obtenu que l’affaire soit portée devant la Cour internationale de justice.
La question essentielle qui est posée est de savoir si le Sahara occidental était au moment de la colonisation un territoire sans maître et, si la réponse à cette question est négative, quels étaient les liens juridiques de ce territoire avec le Royaume.En acceptant de lier la politique à suivre pour accélérer la décolonisation du territoire aux conclusions de la Cour sur ces questions, il était clair que la communauté internationale admettait qu’un problème d’intégrité territoriale pour le Maroc se posait toujours.
A la première question, la Cour répond nettement que le territoire n’était pas sans maître lors de la colonisation. Sur la seconde question, elle reconnaît que des liens juridiques d’allégeance existaient entre les tribus locales et le Sultan du Maroc. Cet avis était donc satisfaisant pour le Maroc puisqu’il reconnaissait la souveraineté traditionnellement exercée sur le territoire par la monarchie marocaine, sous la forme d’allégeance. Dès lors, le Maroc était légitimement justifié à vouloir récupérer la province qu’une décolonisation au parcours sinueux lui avait ravie. Le 16 octobre 1975, feu S.M. Hassan II prend acte de l’avis de la Cour et annonce l’organisation d’une Marche Verte destinée à récupérer les provinces du Sud.
La Marche verte, lancée le 6 novembre 1975 doit être analysée comme la réaction spontanée d’un peuple face à une puissance qui défend son droit face à une puissance. C’est un procédé nouveau de décolonisation : la reconquête pacifique est une sorte de référendum militant où la totalité du peuple marocain s’est trouvée impliquée, notamment les originaires du Sahara.
L’Espagne décide alors de se retirer du territoire et ouvre une négociation avec le Maroc qui y associe la Mauritanie. Le 14 novembre 1975, un accord tripartite est signé à Madrid entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Il prévoit de transférer au Maroc la plus grande partie du territoire et à la Mauritanie une zone plus petite dans l’extrême sud. Le 10 décembre suivant, l’Assemblée générale des Nations-Unies entérine “prend acte ” de cet accord. A ce moment, l’affaire aurait pu être réglée sans problème. La population du territoire ayant, par ailleurs, ratifié la réunification par l’intermédiaire de son assemblée représentative. Mais l’Algérie se mit en travers du processus.
Constatant que l’officine du polisario était bien incapable de s’opposer à la réunification du Sahara avec le Maroc et le peu d’échos que ses thèses trouvaient auprès de la population locale, le régime algérien donne alors l’ordre à son armée d’entrer sur le territoire et d’investir des positions abandonnées par les Espagnols. Très vite, l’armée marocaine s’est trouvée face aux troupes algériennes qui sont refoulées après quelques combats. Dans leur retraite, les militaires algériens entraînent de force quelques milliers de Sahraouis qui sont déplacés jusqu’en Algérie, dans la région de Tindouf.
Défait militairement et diplomatiquement, le régime algérien tente de prendre sa revanche. Grâce aux quelques milliers de personnes qui ont été enlevées au Sahara et installées à Tindouf, il crée la fiction d’un peuple auquel il va donner le nom d’une prétendue république sahraouie (RASD), fondée à Alger le 28 février 1976.
La fiction prend corps
Le polisario, véritable satellite des services de renseignements algériens, est mis sur le devant de la scène et présenté indûment comme le représentant du peuple sahraoui.En vérité, c’est le régime algérien qui le manipule et c’est par la seule Algérie qu’il parvient à faire entendre sa voix. La thèse algérienne est adoptée par les organisations révolutionnaires et marxistes du monde entier qui se font les complices de l’opération. Désormais, le conflit du Sahara qui vient d’être créé de toutes pièces devient un cheval de bataille contre le Maroc.
L’Algérie ne lésine pas sur les moyens qu’elle accorde aux dirigeants du polisario et déploie pour leur propagande. Les ambassades et les diplomates algériens servent de relais, des sommes considérables sont investies pour acheter des complicités. En Afrique, l’Algérie rallie les régimes promarxistes, fait pression sur les plus faibles, achète les plus démunis.
L’affaire sera ainsi portée devant l’Organisation de l’unité africaine qui va y perdre beaucoup de son crédit. Pour donner du poids à sa créature, l’Algérie emploie des mercenaires, délègue des conseillers militaires et débloque un matériel considérable afin de mener des agressions contre l’armée marocaine. C’est le début d’une longue guerre.
Il est remarquable de constater que malgré toute cette agitation, la population sahraouie vivant sous l’autorité marocaine conserve son calme et ne dément à aucun moment son allégeance au Royaume. Bien plus, ce sont des dissidents du polisario ou des Sahraouis détenus à Tindouf qui vont se mettre à rallier le Maroc, malgré la surveillance dont ils font l’objet de la part de la police politique algérienne et des miliciens du polisario.
Le Maroc résiste à l’agression militaire qui va bientôt s’essouffler. A partir du début des années 80, un mur de protection et une stratégie de contre-guerilla permettent de tenir le territoire à l’abri des menaces. Parallélement, les provinces laissées en déshérence par les Espagnols sont mises en valeur, équipées, reconstruites et intégrées dans le processus de développement.
Le Maroc construit des routes, restaure les villes, bâtit des écoles, des hôpitaux, des logements, installe des lignes électriques et des circuits de distribution d’eau potable. A marche forcée, le Sahara rattrape le temps perdu et le niveau de vie des sahraouis (environ cent mille personnes à la fin des années 70) connaît une sensible amélioration. Bien entendu, la population est totalement intégrée à la vie publique marocaine, elle élit des députés et est représentée dans tous les secteurs politiques ou administratifs. Le contraste est frappant avec le sort qui est réservé aux quelque sept ou huit mille personnes qui ont été déportées de force à Tindouf par les Algériens et leurs complices.
Soumis à la surveillance et aux exactions de la police du polisario, ces pauvres gens connaissent un véritable enfer dans des camps de fortune où ils sont parqués pour les besoins de la propagande. Véritables pantins dont les ficelles sont tirées par des gens sans scrupules, ils ne sont là que pour accréditer la thèse d’un peuple privé de ses droits. Il est tout de même extraordinaire que parmi toutes les délégations du HCR ou autres qui sont allées les rencontrer dans des voyages organisés par la police algérienne, personne n’ait jamais eu le courage de leur demander s’ils ne préféreraient pas vivre au Sahara marocain qui a toujours été prêt à les accueillir.
A plusieurs reprises, le gouvernement marocain ou l’association représentative des sahraouis du Maroc, l’Aosario, ont jeté un cri d’alarme pour alerter la communauté internationale sur le sort des otages de Tindouf. Des rapports précis ont été transmis aux organisations régionales et internationales, aux associations humanitaires et aux gouvernements. Les pressions algériennes sont telles que personne ne daignera au début des années 90 pour que de nombreux sahraouis détenus à Tindouf puissent s’échapper et crier la vérité à la face du monde.
Mais tous ceux qui ont voulu garder les yeux fermés durant de longues années feront encore semblant de ne rien voir. Il se trouve encore des milliers de personnes qui sont à Tindouf, privées de tout droit et de tout moyen de faire entendre leur voix.
C’est une des réalités les plus tristes de ce conflit. En tout cas, il doit être clair que le Maroc est prêt à les accueillir dans des logements qu’il a construits à leur intention depuis 1976.
Depuis quelques années, la communauté internationale dont une grande partie a trop longtemps été complice de la manœuvre algérienne, commence à découvrir la vérité.
Les choses sont de plus en plus claires : le conflit du Sahara a été une intervention diabolique du régime algérien contre le Maroc, et il constitue l’une des plus grandes impostures du siècle.
Ce conflit a été initié et perpétué par la seule Algérie, avec quelques complices sur le plan international et grâce à la lâcheté ou à l’aveuglement du plus grand nombre.
Il visait un double objectif :
-Assurer l’hégémonie algérienne au Maghreb et permettre au système du FLN d’assouvir sa volonté de puissance, d’une part.
-Constituer un facteur de déstabilisation du Maroc dans le contexte de l’affrontement est-ouest, d’autre part.
Accessoirement, il faut ajouter que certains milieux algériens, dans l’armée ou la police, ont réalisé d’extraordinaires bénéfices en trafiquant sur les aides humanitaires et sur les livraisons d’armes et qu’ils ont fait du conflit du Sahara une affaire juteuse. L’ambition démesurée et la corruption ont été les deux causes essentielles de la durée du conflit. Le peuple algérien ne s’y est pas trompé et il a toujours considéré avec le plus grand scepticisme les discours de propagande en faveur du polisario. Il est inutile de préciser qu’à l’exception de quelques individus qui ont lié leur destin à celui du régime algérien, les Sahraouis de Tindouf demeurent attachés aux Maroc dans leur majorité écrasante.
Rendre justice au Maroc
Il est temps que l’imposture prenne fin et que les torts qui ont été faits au Maroc soient réparés.
Si l’on veut honnêtement démêler le vrai du faux, il faut reprendre le dossier d’une manière objective et constater que le Maroc a été victime d’une manipulation orchestrée par des individus que l’histoire a déjà jugés.
Il serait scandaleux et injuste que le complot qui a été fomenté à l’encontre du Maroc, au nom d’idéologies dont tout le monde a pu constater la faillite, se perpétue alors que ces idéologies et leurs instigateurs ont disparu.
Il serait absurde que le Maroc soit la dernière victime de ces systèmes et de ces doctrines qui ont fait tant de mal.
Le Maroc ne veut régler aucun compte, il demande simplement que son droit soit reconnu et qu’on lui rende justice dans l’intérêt de la paix et de la stabilité du Maghreb, mais également dans l’intérêt de sa population sahraouie qui ne doit plus être l’enjeu des calculs et des intrigues mais vivre tranquillement dans un pays réunifié, tout entier consacré au progrès et au développement.