La décision du parti CODEM est, on ne peut plus courageuse. Les adeptes de la Quenouille ne demandent ni plus ni moins que l'Etat malien révise son choix politique à l'endroit du Sahara Occidental. En clair, qu'il cesse de reconnaître la souveraineté du Polisario et par conséquent, le considérer dorénavant comme une province du Sud du Maroc.
Les hôtes du Roi Mohamed IV fondent leur raisonnement aussi bien sur la résolution de l'ONU déniant toute possibilité de création d'un Etat Sahraoui, à large autonomie accordées aux provinces par le roi Mohamed VI, mais aussi sur les avantages que le Mali pourra éventuellement tirer de sa nouvelle orientation politique, à l'image du Sénégal, du Burkina, entre autres pays africains qui entretiennent des relations très avantageuses avec le Royaume Chérifien. Le nouveau choix politique serait beaucoup plus avantageux pour le Mali d’autant plus qu'il est lié au Maroc par plusieurs siècles d'histoire. Il n'existe de visa entre les deux pays. C'est pour dire…
Aussi, puisqu'il se trouve que la décision de reconnaître le Polisario ne relève pas d'une initiative de l'actuel régime, le CODEM espère et œuvre afin que les pouvoirs publics du moment rectifient le tir.
Le Mali pourra, à ne pas en douter, profiter d'immenses opportunités que lui offre en effet l'Etat Chérifien ! Mais saura-t-il préserver le pays des conséquences de son choix ?
La géopolitique de la région est loin d'être simple. Les partisans d'un Polisario dans le giron chérifien n'ignorent certainement rien des relations plutôt délicates entre certaines puissances de la région ainsi que les mille et un contentieux historiques entre les Etats. Souvenez-vous-en: quand en 2007, la Libye procéda à l'ouverture d'un consulat à Kidal, la réaction algérienne ne se fit pas attendre. Alger exerça alors une énorme pression sur le Mali, pression empreinte de menace de boycott de l'Accord d'Alger. Le sous-entendu était clair : le voisin menaçait d’offrir une base arrière aux rebelles touaregs. Le Mali céda.
Autant dire que la méfiance entre les Etats de la Région, en l'occurrence de ceux du Maghreb et du Nord-est africain, est de rigueur.
A l'image de la Libye, l'Algérie n'entretient pas en ce moment le grand amour avec le Maroc. Elle s'est même abstenue d'inviter le Royaume au récent sommet sur la sécurité dans la bande sahélo-saharienne. Le Roi n'a pas aimé et l'a fait savoir. En clair, les tensions restent vives entre les voisins dans cette partie du continent. Elles sont exacerbées par des actes de terroristes, de trafic de tout genre et chaque pays accusant son voisin d'être l'instigateur des troubles.
Faut-il, dans ces conditions ramener un sujet qui fâche, à savoir, l'équation Sahraoui ? Là est toute la question.
B.S. Diarra