Algérie : Hichem Aboud " Said Bouteflika, perversion sexuelle, homosexualité, alcool et drogue "

La polémique entre le journaliste et ancien agent des services de renseignements Hichem Aboud d’un côté, et Saïd Bouteflika et le journaliste Anis Rahmani de l’autre, a atteint un niveau jamais égalé auparavant.

Dans un entretien accordé aux deux versions de son édition « Mon Journal », Hichem Aboud, qui se trouve actuellement en Suisse, a porté de graves accusations à
l’encontre de Saïd Bouteflika, le frère et conseiller du président de la République. Il annoncé qu’il va révéler la « perversion sexuelle (de Saïd Bouteflika), son homosexualité et ses abus d’alcool et de stupéfiants ».

Pis encore, il qualifie Saïd Bouteflika d’être « un personnage qui n’a pas d’existence légal dans l’Etat algérien et qui a vite transformé celle-ci en une propriété privée dans laquelle il se pavane comme un voyou, tout ce qu’il possède est un carnet de famille prouvant son état de frère du Président de la République. »

Dans ce chapitre, Hichem Aboud a indiqué qu’il est en train de préparer un livre sur Abdelaziz Bouteflika. Il promet des révélations fracassantes sur le Président de la République.

Hichem Aboud apporte, également, de graves accusations contre le journaliste et directeur du quotidien arabophone Ennahar, patron d’une chaîne d’information privée, qu’il traite de « fils d’adultère. » Il révèle que le père de ce dernier est « un harki qui a échappé au lynchage à El-Bayadh grâce à sa mère. »

Le directeur de « Mon Journal » accuse également Anis Rahmani de se mettre « à plat ventre devant Said Bouteflika, pour se faire pardonner ses positions véhémentes prises à l’encontre Président Bouteflika en 2004 sur Khalifa TV, avec la même férocité qu’on lui connait».

Les accusations de Hicham Aboud contre Said Bouteflika (Actualisé)


Hichem Aboud apporte les dernières touches à son nouvel ouvrage intituléL’Algérie des Bouteflika : vol, vice et corruption. L’auteur de La mafia des généraux a ainsi envoyé, le 6 février dernier, une lettre au frère du président de la République, Said Bouteflika, dont nous détenons une copie, pour vérifier certaines informations le concernant. L’ancien capitaine du DRS porte de graves accusations à l’encontre de Said Bouteflika.
« Apportant les dernières touches à un ouvrage littéraire que je consacre à l’Algérie sous le régime des Bouteflika, j’ai recueilli une masse d’informations et de témoignages vous concernant. Dans leur quasi-totalité, ces informations ne vous sont guère favorables », écrit Hicham Aboud dans sa lettre dont nous publions l'intégralité. « Aussi, le chapitre qui vous est consacré comporte certaines informations relatives à votre enfance, votre vie d’étudiant et votre vie familiale », poursuit-il.
« S’agissant de la corruption, ils sont nombreux à témoigner que vous êtes impliqué dans les plus grosses affaires dont celle de Sonatrach, l’autoroute Est-Ouest, Philippe Morris et bien d’autres. C’est ce qui explique l’impunité dont jouissent les Chakib Khelil, Amar Ghoul et consorts. Vous seriez également impliqué dans l’affaire Khalifa et vous touchez sur les gros marchés, dont ceux des grands travaux routiers confiés à l’ETRHB dont vous avez fait du patron, Ali Haddad, un associé de facto qui vous verse plus de 50% de ses bénéfices ».
Plus loin, Hicham Aboud ajoute : « pouvez-vous nous dire quelle a été la note de l’hôtel Meurisse qui a abrité votre famille durant le séjour hospitalier de votre frère à Paris ? Certaines sources indiquent que vous aviez gonflé la note d’un commun accord avec le patron de l’établissement pour détourner une bonne somme, qui s’élèverait à près d’un million d’euros que vous avez placée dans une banque suisse. À propos des banques suisses, des sources proches de votre entourage estiment votre fortune avec celle de votre frère président à plus de neuf milliards de francs suisses ».
Contacté, Hicham Aboud, confirme l’envoi de cette lettre et affirme : « Ce n’est pas un livre à charge ! C’est un bilan des 15 ans de règne du Président », tient-il à préciser d’emblée. « Un livre pour faire connaitre sa personnalité, sa famille et son entourage », explique notre interlocuteur.
L’ancien patron de Mon Journal et de Djaridati, deux quotidiens aujourd’hui disparus, dit avoir mené une investigation pour écrire son livre. « J’ai été voir tout ceux qui ont connu Bouteflika et sa famille depuis son enfance jusqu’à maintenant. C’est un livre qui est fait sur la base des témoignages recueillis », raconte-t-il. Pour ce faire, Hichem Aboud affirme s’être notamment déplacé au Maroc et en France. « Quand on a une information, on doit la vérifier et la recouper, c’est pour cela que je lui ai envoyé une lettre (à Said Bouteflika) », rappelle-t-il.
Après avoir évoqué les sujets abordés dans le livre concernant le frère du Président, il poursuit : « Je serai heureux de vous voir m’intenter un procès devant les tribunaux algériens ou français. Je ne pourrai pas souhaiter meilleure publicité à cet ouvrage ». Cette lettre sera présentée à son éditeur français et figurera dans son ouvrage. « Maintenant, s’il ne répond pas, ça veut dire qu’il consent. Le silence est signe de consentement ! Pour La mafia des généraux, je n’ai eu aucun démenti, il y va de ma crédibilité », estime Hichem Aboud.
M. Aboud compte publier son livre, « probablement », après l’élection présidentielle et « quel que soit le résultat ». « Pour que personne ne l’exploite. Enfin, pour que ça ne fasse pas le jeu de certains », affirme-t-il. « Et puis, je tiendrai compte des derniers développements dont les déclarations de Saâdani, la mise à la retraite (de certains officiers, NDLR) », ajoute-t-il.
Contacté, Said Bouteflika a confirmé tard dans la soirée, avoir reçu la lettre. Malgré la gravité des propos, le frère cadet du Président « ne voit aucun inconvénient à la publication de la lettre pour prendre l'opinion publique à témoin ».