La patience, la volonté de compromis, l’intelligence des situations, le réalisme, ont, sans doute, des limites et le Royaume du Maroc vient de le montrer. en retirant sa confiance à Christopher Ross, représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Rabat a finalement pris une décision dictée à la fois par l’attitude partiale et subjective de M. Ross, qui fut longtemps ambassadeur des USA à Alger, mais aussi par la conviction très forte que la mission de ce haut diplomate américain, était devenue particulièrement stérile et illusoire, comme l’ont amplement prouvé les successifs et improductifs rounds informels de Manhasset.
Au fil des années et des rencontres, en effet, s’était installé un climat d’attentisme et légitimation du statu quo, délibérément entretenu par un Christopher Ross plus désireux de plaire à ses amis algériens que de remplir sa mission de «défricheur» et d’initiateur de solutions acceptables par toutes les parties.
Mais, incontestablement, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et motivé la prise de position de défiance envers Ross a été la conviction acquise par le Maroc que M. Ross s’était définitivement départi de son devoir de réserve et de sa neutralité en «modifiant» le rapport de la MINURSO sur la situation dans nos provinces du Sud. En effet, dans le rapport présenté au Conseil de Sécurité fin avril, figurait la nécessité de confier à la force d’interposition onusienne la mission de préservation des droits de l’Homme, exigence bien connue du Polisario qui applique ainsi l’adage, «faites ce que je dis et non ce que je fais». Cette revendication, qui permettrait à la «cinquième colonne» des séparatistes de fomenter des troubles en toute impunité, est bien évidemment inacceptable sachant que la préservation de l’ordre et la stabilité relèvent exclusivement de la souveraineté intérieure marocaine.
Ayant acquis la preuve que cet ajout avait été fait par d’autres que le responsable de la MINURSO sur le terrain, le Royaume en a tiré les conséquences qui s’imposaient et «viré» Ross, tout comme les Algériens avaient viré le Hollandais Van Walsum, son prédécesseur, lorsque celui-ci avait déclaré ans une interview que la seule solution viable pour les populations sahraouies résidant da l’application du plan d’autonomie élargie proposé par le Maroc !
Au Secrétaire général de l’ONU de se mettre en quête désormais de trouver un autre représentant personnel car Christopher Ross, persona non grata au Maroc, ne pourra plus exercer sa charge.
Tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse…
Fahd YATA
